Mehrgarh, 7000 av. J.-C. : les premiers paysans de l’Indus

Il y a neuf mille ans, dans ce qui est aujourd’hui le Baloutchistan pakistanais, des hommes et des femmes ont commencé à cultiver la terre. Ils ont domestiqué des animaux. Ils ont appris à travailler l’argile, à construire des maisons en briques crues, à enterrer leurs morts avec des offrandes. Ils n’avaient pas encore d’écriture, pas encore de villes. Mais ils avaient déjà, sans le savoir, posé les premières pierres de l’une des plus grandes civilisations de l’Antiquité.

Ce site s’appelle Mehrgarh. Et il est l’ancêtre direct de la civilisation des Sept Rivières.

Ce que les archéologues ont trouvé

Il y a neuf mille ans, dans ce qui est aujourd’hui le Baloutchistan pakistanais, des hommes et des femmes ont commencé à cultiver la terre. Ils ont domestiqué des animaux. Ils ont appris à travailler l’argile, à construire des maisons en briques crues, à enterrer leurs morts avec des offrandes. Ils n’avaient pas encore d’écriture, pas encore de villes. Mais ils avaient déjà, sans le savoir, posé les premières pierres de l’une des plus grandes civilisations de l’Antiquité.

Ce site s’appelle Mehrgarh. Et il est l’ancêtre direct de la civilisation des Sept Rivières.

Ce que les archéologues ont trouvé

Mehrgarh a été découvert et fouillé à partir de 1974 par une équipe franco-pakistanaise dirigée par Jean-François Jarrige. Ce qui en est sorti a bouleversé la chronologie que l’on croyait établie pour cette région du monde.

La période dite pré-harappéenne, qui correspond à Mehrgarh et à des sites similaires, s’étend de 7000 à 5500 avant notre ère. C’est plus d’un millénaire et demi avant les premières grandes villes de la civilisation de l’Indus. Et pourtant, les habitants de Mehrgarh maîtrisaient déjà l’agriculture, l’élevage et l’artisanat. Vers 4000 avant notre ère, Mehrgarh exportait du cuivre. Du cuivre — c’est-à-dire qu’il existait déjà des routes commerciales, des partenaires extérieurs, une organisation économique suffisamment développée pour permettre l’exportation d’un métal.

Les fouilles ont révélé des greniers à grain, des tombes, des figurines en terre cuite, des perles de turquoise et de lapis-lazuli, des outils en silex et en os. Une continuité est visible entre ce village néolithique et les grandes villes qui vont suivre, deux mille ans plus tard : les mêmes techniques de construction en brique, la même attention à la gestion de l’eau, la même organisation communautaire qui ne laisse aucune trace de pouvoir centralisé ou de structure militaire.

Le chaînon manquant

Pendant longtemps, la civilisation de l’Indus est apparue aux archéologues comme surgissant presque de nulle part — une civilisation urbaine extraordinairement développée, sans précédents visibles dans la région. Mehrgarh a fourni le chaînon manquant. Il démontre que la civilisation des Sept Rivières n’est pas le fruit d’une migration ou d’une invasion venue de l’extérieur, mais l’aboutissement d’un développement local sur plusieurs millénaires.

C’est une donnée essentielle. Elle contredit directement la vieille thèse de l’invasion aryenne — selon laquelle des peuples extérieurs auraient apporté la civilisation à des populations locales supposément primitives. Mehrgarh montre que les populations du nord-ouest du sous-continent indien construisaient, cultivaient, commerçaient et enterraient leurs morts avec soin neuf mille ans avant notre ère. Bien avant que quiconque parlât d’Aryens ou de migrations.

Vous trouverez une description de la civilisation à son apogée dans mon article Sapta Sindhu : les sept rivières, lesquelles et où sur ce site, et une analyse de sa structure sociale dans mon article Une société sans pyramides.

Mehrgarh et la continuité spirituelle

À mon sens, ce qui est peut-être le plus frappant à Mehrgarh, c’est l’attention portée aux morts. Les sépultures sont soignées, les corps accompagnés d’offrandes, de parures, parfois de nourriture. Cela suppose une croyance dans une forme de vie après la mort, ou du moins dans la nécessité d’accompagner les défunts dans un autre état. C’est une forme de spiritualité — rudimentaire peut-être, mais réelle.

Cette attention au monde invisible se retrouvera, des millénaires plus tard, dans les hymnes du Rig Veda, avec leurs trois niveaux du monde — la Terre, le Monde Intermédiaire, le Ciel —, avec leurs dieux intérieurs et leurs rites de passage. La ligne entre Mehrgarh et le Rig Veda n’est pas droite, et elle est certainement discontinue. Mais elle existe. La civilisation des Sept Rivières n’est pas née d’une rupture : elle est née d’une continuité.

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By Hervé Le Bevillon

Traducteur du Rig Veda - Je n'ai pas suivi le cursus habituel des sanskritistes du 19 ème et du 20 ème siècles, par contre j'ai bu le soma, et toute la différence est là. Cette traduction m'a permis de comprendre comment était la civilisation dont le rig veda était le livre (oral).

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