La société du Sapta Sindhu, telle que la révèlent les hymnes, a peu à voir avec l’image rigide et enfermée dans les castes qu’on lui a projetée plus tard. Les femmes y apparaissent comme poètes et voyantes à part entière — Lopamudra, Ghosha, Apala, Vishvavara — composant des hymnes, prenant part au débat philosophique, choisissant leur époux. Les hymnes du mariage parlent de consentement et de partenariat, non de soumission.
Les rites funéraires, décrits notamment dans le dixième mandala, traitent la mort comme un passage plutôt qu’une fin — le corps rendu aux éléments, l’être guidé vers le monde des ancêtres, dans une cosmologie de continuité plutôt que d’anéantissement. La sexualité apparaît sans honte ni tabou, intégrée à la vie et même au sacré, loin de la pudibonderie parfois projetée sur les sociétés anciennes.
Quant aux castes, le système rigide des quatre Varna — prêtres, guerriers, producteurs, serviteurs — n’apparaît explicitement qu’une seule fois, dans un unique hymne tardif du dixième mandala. C’est une systématisation tardive, non le principe organisateur de la société que décrivent les hymnes plus anciens, laquelle s’organisait plutôt autour de la fonction, de la parenté et du clan.
Comment vivaient réellement les femmes du Sapta Sindhu, ce que disent vraiment les hymnes sur la mort et le corps, et pourquoi le système des castes est bien plus tardif qu’on ne le croit — tout est expliqué hymne après hymne dans La Civilisation des 7 Rivières et Comprendre le Rig Veda. [→ Découvrir les livres]