Le Débat

Depuis plus d’un siècle, la question de savoir qui étaient les peuples du Sapta Sindhu — et d’où ils venaient — divise les chercheurs. La thèse traditionnelle de « l’invasion aryenne » soutient que des populations cavalières venues des steppes ont déferlé vers 1500 av. J.-C., apportant avec elles le sanskrit et les hymnes védiques, et supplantant ou soumettant une civilisation antérieure.

Le registre archéologique raconte une tout autre histoire. Aucune couche de destruction, aucune fosse commune, aucun remplacement brutal de la culture matérielle ne marque cette invasion supposée. Les cités de la phase mature montrent une transformation graduelle, non une conquête. Le cheval lui-même — central dans l’argument de l’invasion — est quasiment absent des sites archéologiques de la région à l’époque concernée, tandis que le Rig Veda décrit un paysage de grands fleuves, dont certains, comme la Sarasvati, sont connus pour s’être asséchés avant 1500 av. J.-C. — situant au moins une partie des hymnes avant le scénario de l’invasion.

Les arguments linguistiques, longtemps considérés comme décisifs, reposent sur des proto-langues reconstituées et des modèles de migration que les récentes études génétiques ont à la fois complexifiés et partiellement confirmés — révélant des mouvements de population graduels et mêlés, étalés sur des millénaires, plutôt qu’une vague conquérante unique. Le tableau qui se dessine aujourd’hui est celui d’une continuité et d’une transformation lente, non d’une rupture.

Les preuves archéologiques, géographiques et génétiques, argument par argument — tout est expliqué hymne après hymne dans La Civilisation des 7 Rivières et Comprendre le Rig Veda. [→ Découvrir les livres]