Pourquoi une civilisation engloutie depuis quatre mille ans nous concerne-t-elle aujourd’hui ? Parce que le Sapta Sindhu offre quelque chose de presque inédit dans le registre archéologique : une société à grande échelle ayant duré quinze siècles sans rois, sans armées permanentes, sans temples ni palais monumentaux bâtis pour glorifier le pouvoir — une civilisation organisée autour de la fonction, de l’artisanat, du commerce et d’un horizon spirituel partagé.
Ses cités ne montrent aucune trace de despotisme centralisé, aucune salle du trône, aucune tombe royale chargée de trésors. Les rues étaient planifiées, les poids standardisés, l’eau gérée collectivement pour d’immenses populations urbaines — tout cela sans la machinerie de coercition que l’on suppose généralement nécessaire aux sociétés de grande taille. Ce n’est pas une utopie à imiter point par point, mais une preuve de possibilité : que l’échelle et la coopération n’ont pas besoin d’être achetées par la domination.
Alors que la civilisation dans laquelle nous vivons aujourd’hui montre ses propres fractures — écologiques, sociales, spirituelles — le Sapta Sindhu se dresse comme un rappel lointain mais concret qu’une autre manière d’organiser la vie collective a déjà existé, plus longtemps que la plupart des empires qui lui ont succédé.
Ce qu’une civilisation sans rois peut enseigner à un monde au bord de l’effondrement — l’argument complet est expliqué dans La Civilisation des 7 Rivières, Comprendre le Rig Veda, et, sur l’effondrement de notre propre monde, L’Effondrement, avant, pendant, après. [→ Découvrir les livres]