Architecture et Artefacts

Architecture et Artefacts

Marchez aujourd’hui dans les ruines de Mohenjo-Daro, et vous marchez dans ce que les archéologues ont surnommé le « Manhattan de la préhistoire » — une ville tracée sur un plan en damier précis, des avenues nord-sud, des rues est-ouest, près de 4500 ans avant que quiconque n’ait entendu parler d’urbanisme.

Et pourtant, cherchez ce qu’on attendrait au cœur de n’importe quelle cité antique, et vous ne trouverez rien. Pas de palais. Pas de temple. Aucun monument à la gloire d’un roi, aucune statue à vénérer, aucun bas-relief de captifs enchaînés ou d’ennemis vaincus. Chaque maison — modeste ou aisée — possédait sa propre salle d’eau et un système d’évacuation fonctionnel, des siècles avant que quiconque sur Terre n’y ait pensé. Certaines avaient même des toilettes à chasse d’eau.

C’est la Civilisation des 7 Rivières (aussi appelée civilisation de l’Indus) : une société qui, à son apogée vers 2700 avant notre ère, s’étendait sur plus d’un million de kilomètres carrés, rivalisait en ampleur avec l’Égypte et la Mésopotamie réunies, et faisait vivre environ cinq millions d’habitants — sans qu’aucune épée levée dans la colère n’ait jamais été retrouvée par l’archéologie. Aucune armure. Aucune scène de bataille. Aucune fosse commune. Seulement des puits, des greniers, des marchés, et des milliers de petits sceaux gravés d’un animal, d’un symbole, et d’une écriture que personne, à ce jour, n’a réussi à déchiffrer.

L’un de ces sceaux montre une figure cornue assise en méditation, entourée d’animaux — une figure que beaucoup de chercheurs considèrent comme une représentation précoce de ce qui deviendra Shiva. Un autre montre une créature mêlant taureau, cheval et antilope en une seule « licorne », dont le sens reste débattu. Ce peuple commerçait le cuivre, les perles de cornaline et le coton jusqu’à Sumer et Bahreïn — les tablettes mésopotamiennes les nomment même : Meluhha.

Puis, vers 1900 avant notre ère, elle a disparu — non par la guerre ou la conquête, mais par la sécheresse, les séismes, et la mort lente d’un fleuve : la Sarasvatî, ce fleuve « disparu » du Rig Veda, que l’archéologie identifie aujourd’hui au lit asséché de la Ghaggar-Hakra.

Quelle civilisation ne construit aucun monument au pouvoir, n’entretient aucune armée, et parvient pourtant à nourrir, loger et organiser cinq millions d’habitants pendant plus d’un millénaire ? Et qu’est-il advenu des valeurs qui rendaient cela possible ?

Ceci n’est qu’un aperçu. Dans La Civilisation des 7 Rivières, Hervé Le Bévillon retrace cette société disparue dans le détail — ses villes, son écriture, son économie, et les preuves archéologiques qui la relient directement au monde décrit dans le Rig Veda. [→ Découvrir le livre]