Vers 1900 av. J.-C., les grandes cités du Sapta Sindhu commencent à se vider. Pas du jour au lendemain, ni par invasion ou catastrophe, mais par un lent délitement — des mouvements tectoniques modifiant le cours des fleuves, la Sarasvati s’asséchant section après section, la mousson s’affaiblissant sur plusieurs générations. Une civilisation bâtie sur la fiabilité de ses rivières a perdu, peu à peu, ce dont elle dépendait.
Il n’y eut pas d’effondrement au sens spectaculaire du terme — pas de cités en flammes, pas de bataille finale. Les populations se sont dispersées vers l’est, en direction de la plaine du Gange, et vers le sud dans la péninsule, emportant avec elles la langue, le rituel et la mémoire, mais laissant derrière elles les grands centres urbains, les poids standardisés, les rues planifiées. L’écriture elle-même, toujours non déchiffrée, semble s’éteindre à mesure que se vident les cités qui la faisaient vivre.
Ce qui suivit ne fut pas un âge sombre mais une longue transition — les hymnes des mandalas les plus tardifs reflètent déjà un monde en mouvement, des populations gagnant de nouveaux territoires, d’anciennes certitudes s’adaptant à de nouveaux paysages. Les germes de ce qui deviendra plus tard l’Inde classique furent portés par cette dispersion, non effacés par elle.
Comment une civilisation peut se dissoudre sans guerre ni catastrophe, et ce que sont devenus ses habitants — tout est expliqué hymne après hymne dans La Civilisation des 7 Rivières et Comprendre le Rig Veda. [→ Découvrir les livres]