
Somānanda Baba ne s’est pas formé dans un département universitaire d’indianisme. Né en Bretagne, il quitte tôt le cursus scolaire, puis part sept ans sur la route — un long voyage sans plan, à travers des pays et des façons de vivre qui l’ont façonné plus qu’aucune salle de classe n’aurait pu le faire.
Ce voyage le mène en Inde, où il vit une année durant comme sâdhu, immergé dans une pratique spirituelle apprise sur le terrain plutôt que dans les livres. De retour en France, il s’engage dans une association d’aide aux chômeurs par le retour à l’emploi — un chapitre parmi d’autres d’une vie qui a pris son temps avant de se poser dans l’étude.
C’est sa fascination croissante pour la civilisation du Sapta Sindhu qui le conduit, à soixante-dix ans, à apprendre seul le sanscrit, sans formation formelle, par la méthode Assimil — afin de pouvoir lire le Rig Veda dans sa propre langue plutôt qu’à travers la traduction d’un autre. Durant les six années qu’il consacre à traduire l’intégralité du texte en français, à la main, mot après mot — achevée en 2023, la deuxième traduction française complète jamais réalisée —, sa recherche sur la civilisation du Sapta Sindhu s’approfondit en parallèle de la traduction elle-même, chaque hymne ouvrant sur son archéologie, sa géographie, son sens.
Ce travail parallèle est aujourd’hui rassemblé dans La Civilisation des 7 Rivières et Comprendre le Rig Veda. Il signe ses écrits en anglais du nom de Somānanda Baba, un nom gagné par le chemin parcouru plutôt qu’attribué par une institution.