Aucun élément du Rig Veda n’a fait l’objet d’autant de débats que le Soma. Pressé, filtré à travers la laine, mêlé au lait, offert à Indra et aux autres forces déifiées avant d’être bu par les officiants eux-mêmes, le Soma produit des états que les hymnes décrivent sans ambiguïté : vision élargie, contact avec la Vérité, sentiment d’immortalité, dissolution des limites ordinaires du moi.
La plante elle-même n’a jamais été nommée d’une façon que la tradition postérieure ait pu conserver — et dès l’époque des Brahmanas, des siècles plus tard, les prêtres eux-mêmes ne savaient plus de quelle plante il s’agissait, des substituts étant déjà en usage. Cet écart entre le témoignage direct des hymnes et l’ignorance ultérieure est en lui-même révélateur. Les effets décrits — apparition rapide, altération radicale de la perception, une substance récoltée en zone montagneuse puis échangée vers les plaines — orientent vers un champignon enthéogène, très probablement une espèce de psilocybe, plutôt que vers l’un quelconque des substituts végétaux proposés par les traditions ultérieures.
Le neuvième mandala, consacré presque entièrement au Soma, se lit moins comme un hymne à une boisson que comme un manuel de l’expérience extatique — preuve que l’Illumination, dans le monde du Sapta Sindhu, n’était pas seulement un concept philosophique mais un état vécu, provoqué.
Pourquoi les identifications traditionnelles du Soma ne tiennent pas, et ce que décrit vraiment le neuvième mandala — tout est expliqué hymne après hymne dans La Civilisation des 7 Rivières et Comprendre le Rig Veda. [→ Découvrir les livres]